
Sahim (au centre) dans sa chambre au centre de formation, avec guillaume et Maxime (de gauche à droite)
Il y a des cadeaux d'anniversaire qu'on n'oublie pas de sitôt. Sahim Herzallah en a reçu un, sous forme de SMS, mardi 5 janvier, tôt dans la matinée.
Un message de son frère qui indiquait au jeune joueur du VAFC qu'il était sélectionné pour disputer le tournoi Aegean Cup, en Turquie, avec l'équipe de France des moins de 16 ans, du 24 au 30 janvier. Rencontre avec le nouveau petit Bleu.
Dans sa chambre, la n°7, au fond du couloir, Sahim vient de terminer la prière du soir. Tranquille, posé, et même un peu trop selon ses entraîneurs (lire encadré), il se rappelle ce moment magique. «Au début, j'ai cru à une blague. Après, il m'a appelé, me l'a confirmé. J'étais super content et étonné.»
Mais le jeune homme ne se prend pas la tête, qu'il a visiblement bien pleine. 15 de moyenne en classe de seconde, à l'école, Sahim assure, même si son but n'est pas de faire de longues études. «Pour mes frères, l'école est plus importante que le foot. Ils préféreraient que je sois avocat que footballeur, moi pas du tout !», glisse-t-il dans un large sourire. Très attaché à sa famille, nombreuse (quatre grands frères et une petite soeur), le jeune homme continue d'avancer, sans faire de bruit, suivi jusqu'au bord du terrain par son père. «Mes frères me donnent des conseils mais c'est mon père qui me suit le plus. Il fait les déplacements avec sa voiture jusqu'à Caen, au Havre... Sa présence me motive.»
La motivation, ce n'est pas ce qui manque à Sahim. Et il vaut mieux. Son quotidien, au centre de formation, n'est pas des plus faciles pour un jeune homme de 16 ans. Pas de jeux vidéos ou de télé le soir, à part pour les soirées de Ligue des Champions. L'emploi du temps est réglé comme du papier à musique. Réveil à 6h30 pour le petit déjeuner. Ensuite, le bus l'emmène au lycée du Quesnoy pour les cours. Retour pour l'entraînement quotidien, de 16h30 à 18h30. Mais la journée est loin d'être terminée. Au programme, deux heures d'étude autour du repas pris en commun. Les devoirs, eux, ne s'achèveront que vers 21h30... «Parfois, c'est dur, c'est fatigant mais je me dis que c'est un mal pour un bien. Je veux devenir footballeur professionnel depuis que j'ai six ans». Alors, le défenseur s'est fait aux exigences du haut niveau.
Plus Laurent Blanc que Diawara
Avec le temps, le gaucher a appris à connaître ses qualités - «endurant, technique et avec une bonne lecture du jeu pour anticiper» - et ses défauts. «Je ne suis pas assez dur, agressif. C'est ma nature.» Entre le stoppeur rugueux ou le libéro classieux, Sahim correspond plutôt à la deuxième catégorie. «Plus Laurent Blanc que Souleymane Diawara.» Comme Blanc, mais surtout «Zidane» - son joueur préféré - au Real Madrid, il rêve de porter le n°5 en sélection, son numéro fétiche. Mais pour sa première sélection, peu importe le numéro, Sahim sera heureux. «Quand je vais entrer sur le terrain, ça va me faire quelque chose. A mon avis, la pression va être forte. Mais je m'habitue au stress...» Il vaut mieux si Sahim veut réaliser son rêve : «Signer un contrat pro à VA, c'est mon rêve depuis toujours.»
Ce vendredi 22 janvier, le jeune homme a rendez-vous à l'aéroport. Direction la Turquie donc, via Munich. Sahim n'est pas effrayé de partir seul, loin, avec de nouveaux coéquipiers, dans un nouvel environnement. «J'aime bien les nouveaux tests. Je ne connais personne. On est quatre nouveaux dans le groupe mais ça ne me fait pas peur.» Le jeune homme a juste hâte de démontrer ce qu'il sait faire. Son objectif, faire ses preuves pour «être à nouveau sélectionné» pour disputer le tournoi international de Montaigu, début avril, plus réputé. Mais comme le dit son entraîneur en moins de 17 ans nationaux, Laurent Dufresne, ex joueur du VAFC, «la route est encore très très longue».
Article rédigé par :
Vincent Billet